Saturday, December 30, 2006

Colossamite - All Lingo's Clamor



Après le split des Dazzling Killmen (Nick Sakes, Darin Gray, Blake Fleming et Tim Garrigan), Nick (guitar, vocals) quitte St. Louis pour s'installer à Minneapolis dans le Minnesota, passe une annonce dans un journal et trouve trois types (just like your wife found you) pour jouer de la musique avec lui. Les trois types en question ne sont pas totalement inconnu du public averti puisqu'il s'agit des trois membres de Gorge Trio, à savoir John Dietrich (guitar, joue aussi dans Deeeeerhoooooof), Ed Rodriguez (guitar, joue aussi dans The Flying Luttenbachers) et Chad Popple (drums, joue aussi sûrement dans quelque chose mais je ne sais pas quoi). C'est ainsi que démarre le quatuor Colossamite (3 guitares, 1 batterie).

3 LPs pour Gorge Trio dont 1 sur Skin Graft (Open Mouth, O Wisp) et un split 7" avec Djud sortit sur t-dt-b. J'ai eu l'occasion de les voir à Montreuil en Octobre dernier, des types très sympas même si la prestation était un peu trop expérimentale et n'avait surtout rien à voir avec leur dernier LP sur Skin Graft (à part 1 piste en rappel). Malgré tout, ces gens là connaissent très bien leur instruments et leurs pédales d'effets. Le batteur balance des breaks et des roulements sortis de nulle part, assez impressionnant.

Pour revenir à Colossamite, sont donc sortis sur Skin Graft : un EP CD All Lingo's Clamor (le disque sur lequel je suis censé raconter des trucs, j'aurais pu mettre n'importe quel autre disque de Gorge trio/Colossamite en titre de cette "chronique", le résultat aurait été le même...), un EP Camera Within (leur seul disque que je n'ai pas) fourni avec un freesbee (!) estampillé Colossamite (la classe sur la plage...), un LP Economy of Motion et un split 7" avec White Tornado (un groupe italien qui a également fait un split avec Oxbow). D'ailleurs ce split 7" m'a été filé gratos avec le LP Economy of Motion, c'est toujours agréable de recevoir deux objets pour le prix d'un.

Pour ce qui est de la musique présentée sur All Lingo's Clamor, on a toujours Nick Sakes au chant. Un chant hurlé comme il pouvait l'être avec les Dazzling Killmen même si je le trouve plus modéré chez Colossamite. A noter qu'une piste est chantée en espagnol (?), la troisième. Les guitares sont dissonantes, les plans très bien trouvés et toujours aussi percutants après la 50ème écoute. Les trois guitares sont vraiment impressionnantes de complémentarité, les morceaux se structurent puis se décomposent sous les frappes de Chad Popple. Ce batteur est incontestablement un tueur en ce qui concerne les contre-temps et possède un art certain pour ralentir/accélerer le tempo des différents morceaux. C'est ce genre de batteur qui utilise peu les toms au profit de la caisse claire et des cymbales.

L'approche est toujours autant (voir plus) destructurée, complexe depuis Face of Collapse des Dazzling Killmen. Nick Sakes poursuit son chemin dans une exploration plus math-rock qui sera substituée par une plus expérimentale pour Economy of Motion (il n'empêche que j'adore aussi ce disque). En gros All Lingo's Clamor est un disque de noise avec des fondation math-rock (désolé pour les étiquettes mais j'ai bien dis "En gros" en début de phrase). Le tout est vraiment subtil, les plans guitares vraiment brillants, s'imbriquent les uns dans les autres, se succèdent, reviennent et repartent. La rythmique complexe est assurée par la batterie soutenue par une guitare jouant dans les notes graves un peu sourdes évitant ainsi la nécessité d'une basse dans la formation. C'est cette même guitare qui fournie toute la puissance aux morceaux pendant que les deux autres balancent des plans beaucoup plus mediums/aigues.

En définitive All Lingo's Clamor est vraiment un grand disque, les structures et les idées fusent pendant les presque 23 minutes de cet EP CD et ne sont jamais lassantes. Tout est très bien calculé, et une fois de plus le jeu de guitare est impressionnant de par ses plans innovants et recherchés sans pour autant être over-technique.
9.5/10

Tuesday, August 29, 2006

Disques de l'été

Band - Title [ Release Date - Label ]
  • Big'n - Cutthroat [ 1994 - Gasoline Boost ]
  • Big'n - Discipline Through Sound [ 1996 - Skin Graft ]
  • Breach - Kollapse [ 2002 - Burning Heart ]
  • Codeine - The White Birch [ 1994 - Sub Pop ]
  • Converge - Jane Doe [ 2001 - Equal Vision ]
  • Cows - Sorry in Pig Minor [ 1998 - Amphetamine Reptile ]
  • The Denison Kimball Trio - Walls in the City [ 1994 - Skin Graft ]
  • Don Caballero - What Burns Never Returns [ 1998 - Touch & Go ]
  • Fugazi - In on the Kill Taker [ 1993 - Dischord ]
  • Girls Against Boys - Disco Six Six Six EP [ 1996 - Touch & Go ]
  • Gorge Trio - Open Mouth, O Wisp [ 2004 - Skin Graft ]
  • Grand Ulena - Gateway to Dignity [ 2003 - Family Vineyard ]
  • Jawbox - Grippe [ 1991 - Dischord ]
  • Jawbox - Novelty [ 1992 - Dischord ]
  • The Jesus Lizard - Pure EP [ 1989 - Touch & Go ]
  • The Jesus Lizard - Head [ 1990 - Touch & Go ]
  • The Jesus Lizard - Liar [ 1992 - Touch & Go ]
  • Joy Division - Permanent [ 1995 - London Records ]
  • June of '44 - In the Fishtank 6 [ 1999 - Konkurrent ]
  • Kyuss - Welcome to Sky Valley [ 1994 - Elektra ]
  • Lungfish - Indivisible [ 1997 - Dischord ]
  • Lungfish - Feral Hymns [ 2005 - Dischord ]
  • Mission of Burma - OnOffOn [ 2004 - Matador ]
  • Mission of Burma - The Obliterati [ 2006 - Matador ]
  • NoMeansNo - Live + Cuddly [ 1991 - Alternative Tentacles ]
  • NoMeansNo - In the Fishtank 1 [ 1999 - Konkurrent ]
  • Oxbow - Serenade in Red [ 1997 - SST/Ruminance ]
  • Oxbow - An Evil Heat [ 2002 - Neurot Recordings ]
  • Oxbow - Love That's Last: A Wholly Hypnographic & Disturbing Work Regarding Oxbow [ 2006 - Hydrahead ]
  • Pavement - Slanted & Enchanted [ 1992 - Big Cat ]
  • Refused - The Shape of Punk to Come [ 1998 - Burning Heart ]
  • Shellac - At Action Park [ 1994 - Touch & Go ]
  • Uzeda - Stella [ 2006 - Touch & Go ]
  • Zeni Geva - 10,000 Light Years [ 2001 - Neurot Recordings ]

Wednesday, August 23, 2006

Uzeda - Stella


C'était le 21 août et il était presque 16h30 lorsque j'ai entendu les premières notes de cet album dont j'ignorais encore l'existence. J'avais bougé dans un magasin de musique parisien où j'avais RDV peu de temps après. Alors que j'étais en train de fouiller les bacs pour trouver du Mule et du Big'n -on ne sait jamais- une voix féminine se posait tranquillement sur une guitare acérée, grinçante, agressive et des coups de claire claquaient, comme sur un enregistrement Albini.

Bref je réfléchis trois secondes, reconnais immédiatement la voix de Giovanna Cacciola mais il reste impossible pour moi de deviner ce que ce sournois de vendeur (qui m'a fait acheter un disque en plus au final alors que je m'étais dis STOP pour ce mois-ci) avait mis sur la platine : Uzeda ou Bellini. Comme d'habitude je ne suis jamais au courant des news en ce qui concerne la sortie de nouveaux LP/CD et je me dis qu'Uzeda ont rien fait depuis Different Section Wires, enregistré en 1998 encore et toujours par Steve Albini. Ce doit être Bellini, qui eux, n'ont rien fait depuis 2005 mais qui restent beaucoup plus d'actualité. Les deux formations partagent le même noyau dur, à savoir le guitariste Agostino Tilotta et la chanteuse Giovanna Cacciola. A ces deux là s'ajoutent Davide Oliveri (drums) et Raffaele Gulisano (bass) dans le cas d'Uzeda. Pour Bellini l'histoire est un peu plus compliquée étant donné que la line-up originale comprenait Damon Che, le batteur virtuose de Don Caballero (qui avait splitté à l'heure où Bellini se formait) et le bassiste Matthew Taylor. Mais c'est pendant la tournée suivant la release de Snowing Sun (le premier LP de Bellini) que Che quitte le groupe, apparement à cause de plusieurs tensions entre lui et le reste de la formation. Ce dernier est donc remplacé en pleine tournée par Alexis Fleisig, le batteur des Girls Against Boys. Damon Che, de son côté réssucite Don Cab avec une toute nouvelle line-up constitué exclusivement des membres de Creta Bourzia (sauf le batteur bien évidemment), un autre groupe de math-rock from Pittsburgh.

Le temps tourne, le disque aussi et je me tâte grandement pour aller demander la réponse à la question que je me pose depuis cinq minutes. Mais au fond de moi, je sais que si je commence à tchatcher avec le vendeur je vais finir par acheter ce putain de disque. Je prend donc la sage décision d'oublier un temps la bande à Agostino Tilotta et Giovanna Cacciola (et à ce moment là je ne sais toujours pas laquelle c'est...). Le temps d'oubli dure 6 secondes environ puisqu'un type pas loin de moi se décide à aller demander.
-"C'est quoi qui passe là ?"
-"Uzeda"
-"Toujours sur Touch & Go ?"
-"Ouais"

Et voilà, j'ai la réponse à ma question et le type commence à rusher vers le rayon "Divers U." où se trouve cette fameuse Stella. Il choppe le CD (pas encore de LP malheureusement) et j'ai vraiment envie de le prendre aussi parce que mine de rien ça me plaît énormément. Cette voix, cette guitare très typée Rapeman, cette batterie qui sonne de la mort...Du pur Chicago noise sauf qu'Uzeda vient de Sicile.

Je passe en caisse (dommage pour moi), je sors du magasin, je vais à mon RDV et c'est que deux jours plus tard que je peux écouter tranquillement le dernier full lenght d'Uzeda, 8 ans après leur précédent.

Premier constat, le son est toujours nickel, j'avais parlé d'Albini plus haut et c'est toujours encore lui qui a enregistré la chose (de même que les deux Bellini il me semble bien). Je vais être encore plus précis : l'album a été enregistré "at red house recording studio in Senigallia - Italy" en avril 2006.
L'artwork est signé Jeff Mueller, Jason Noble et Kerri Sancomb (je sais pas qui c'est). Les deux premiers font partis des stars de Quarterstick pour avoir joué dans des groupes mythiques comme Rodan (et leur fucking album Rusty, enregistré et dedié par le nom à Bob Weston), June of '44 (seulement Jeff Mueller) et Shipping News (avec un album classe Save Everything, un autre un peu moins mais pas mal quand même Flies the Fields et les autres je m'en fou). Y'a aussi Jason Noble dans Rachel's mais c'est pareil, on s'en fou.

Les compos sont très bien foutues, ça joue sec et carré puis la basse est, elle aussi, taillée sur mesure : ronde comme (celle de) Bob Weston, elle se couple remarquablement avec la batterie qui se construit toujours autour de cette alternance caisse claire/grosse caisse accompagnée de quelques frappes répétitives sur le charley.
Pour être clair, ça sonne exactement comme je le voudrais. Steve Albini a fait du bon boulot une fois de plus.

Le contraste avec ce son agressif se fait par le chant, celui de Giovanna Cacciola (qui chante toujours aussi juste). C'est aussi à elle que l'on doit l'intégralité des textes sur lesquels je ne me suis pas encore attardé.

8.75/10